Je vous invite à relire le
périple du vaisseau NCC-1701-A (repris dans le chapitre «
StarTrek, The Voyage Home »), car on y voit une
intéressante extrapolation de la théorie de la
relativité générale. En effet, la
relativité générale elle-même n'a jamais dit
ce qui se passerait si on allait plus vite que la lumière.
Lors de cette mémorable mission, l'équipage de
l'Enterprise (à bord d'un chasseur Klingon, de type "Oiseau de
Proie", donc équipé de moteurs CDP sans nacelle) a
été obligé de remonter le temps. Pour cela, il a
tourné autour du Soleil à une vitesse aussi proche que
possible de « c », en s'aidant très probablement
d'un effet combiné des moteurs CDP et des moteurs Impulse.
Cependant, il fallait éviter à tout prix le saut en WARP,
puisque seule une vitesse supérieure à c dans notre
espace temps pourrait éventuellement aboutir à remonter
le temps.
Pour cela, la manoeuvre (voir dans vos manuels de pilotage de StarFleet
à la référence « breakaway maneuver »)
consiste à tourner autour d'un astre massif, c.-à-d. de
faire circuler le vaisseau dans un espace temps qui est
déjà très courbé.
Vous pourriez croire que cette manoeuvre aurait pour effet
d'accélérer le saut en WARP, . Mais une conclusion de la
théorie de Cochrane est que l'espace temps peut «
s'habituer » aux distorsions. Ainsi, l'espace temps autour de
l'étoile est devenu (après des milliards d'années
de présence de cet astre massif) un peu plus «
malléable » que l'espace temps peu courbé «
habituel ». Donc cela retarde le saut en WARP.
Si l'astre est suffisamment massif, le seuil (« treshold level
») est atteint, mais on ne passe pas en WARP, donc on approche la
vitesse de la lumière tout en restant dans l'espace temps
conventionnel, ensuite en s'écartant brusquement de l'astre on
peut dépasser très légèrement la vitesse de
la lumière dans l'espace temps moins courbé, ce qui
entraîne une dilatation du temps qui n'est pas seulement
énorme mais négative.
On a remonté le temps.
L'énergie de rotation du Soleil est utilisée pour
accélérer le vaisseau lors de la sortie de son orbite, il
suffit de faire tourner le vaisseau dans le sens de la rotation de
l'astre massif. Une partie de l'énergie de l'étoile (son
moment de rotation) est convertie en énergie
supplémentaire pour le vaisseau, ce qui permet de
dépasser "c" sans devoir générer une
énergie infinie.
Un phénomène semblable était déjà
couramment utilisé au 20ème siècle pour changer la
trajectoire de satellites (comme "Voyager") sans consommer de carburant
supplémentaire.
Pour ce faire, on envoyait le satellite dans l'orbite d'un astre massif
(souvent le planisphère "Jupiter") suivant une trajectoire dite
« rétrograde ». Tout cela aux dépends de
Jupiter, qui a largement assez d'énergie pour se le permettre,
étant donnée sa masse colossale.
Au 20ème siècle cependant, rien de tout ceci
n'était concevable pour la communauté scientifique, car
une théorie tenace fut celle desdits « paradoxes temporels
», qui avaient pour effet de ridiculiser les scientifiques qui
osaient aborder le problèmes de front. En fait, le seul paradoxe
consistait en une violation du principe de causalité (cher aux
scientifiques de l'époque) qui dit en gros que « l'effet
suit toujours la cause ».
Si cela semble du plus haut logique dans un espace temps plat et dans
des ordres de grandeurs usuels, le 20ème siècle
déjà voyait poindre des paradoxes dans la
mécanique quantique. Des paradoxes qui font insulte au bon sens.
Un des plus connus : « je tue mon père avant ma naissance ».
Je remonte le temps, je tue mon père avant même qu'il ne rencontre ma mère.
Paradoxe ; comment ai-je pu le tuer puisque je ne suis dès lors pas né !
Il n'y a pas de paradoxe, mon père aura toujours eu le temps de
me faire dans l'univers d'où je viens. Même si maintenant
il est mort (puisque je viens de le tuer, et ce avant ma naissance), je
n'en verrai jamais les conséquences : mort ou vivant, il m'a
fait dans l'ancien « temps », le temps d'où je viens.
On a ici une « fracture du Temps », c.-à-d. une
discontinuité qui rend les événement non
symétriques par rapport au temps, ce qui est certes rarissime
mais qui fut déjà observé au 20ème
siècle pendant la fission de certaines particules
élémentaires.
Le fait que le père ne puisse pas avoir d'enfants n'influe pas
sur le futur, car à l'endroit de la fracture (l'arrivée
du fils) on a un aiguillage temporel, qui axe les
événements futurs dans un espace temps parallèle
à l'autre.
Par contre, un véritable paradoxe est que ce genre de voyage ne
respecte jamais la loi des masses. Revenez dix minutes en
arrière, et vous serez là devant l'autre vous. Mais
l'univers aura gagné une masse égale à votre autre
vous. (Vous+vous.) D'où vient l'énergie
considérable (E=mc2) contenue dans la matière de l'autre
vous qui vient de débarquer du futur vers le passé ?
Pour pouvoir se déplacer dans le temps, il est essentiel de
prédire à l'avance les effets que toute arrivée de
matière impliquera sur l'espace-temps hôte. La perte (et
le gain) de masse doivent impérativement être
compensés, sinon un phénomène d'auto-destruction
(la censure temporelle) se produit.
Les calculs dépassent la cadre de ce cours de propulsion, je
vous invite à lire l'essai du capitaine et conseiller
scientifique Vulcain, Mr. Spock (NCC-1701).
Signalons la présence d'une sorte de « censure temporelle
» qui fait que l'intrus "dans le temps" se
désintègre particule par particule pour
réintégrer "son" temps. Chaque particule constitutive de
l'intrus sera éjectée vers le passé, mais à
des moments divers du passé : l'intrusion est
éliminée, tout comme l'intrus qui se retrouve proprement
dématérialisé.
Notons également que les mathématiques fractales ont leur mot à dire.
Effet papillon
Les équations non linéaires (que l'on désigne
parfois « effet papillon ») sont bien illustrées par
ce théorème poétique mais scientifiquement admis :
« Un papillon battant des ailes au Mexique peut être la
semence qui provoque un Typhon au Japon. »
Si vous allez dans le passé, vous déplacerez
forcément des choses dans ce passé, ne fus-ce qu'en
marchant sur le sol ou en vous déplaçant dans l'air. Or
le futur est composé des choses de ce passé. Le simple
fait de bouger une particule de poussière dans le passé
peut empêcher un tas d'événements futurs de se
produire.
Il est faux de dire que l'on peut ramener dans le futur des choses
« qui ne manqueront pas dans le passé», comme une
tasse d'eau d'un océan.Que du contraire !
L'effet papillon veille au grain !
Ceci a été illustré pour la première fois
dans le film Millenium (disponible dans la médiathèque
galactique de la fédération.) Dans ce film, disais-je,
chaque déplacement temporel (vers le passé) est suivi
d'un "tremblement de temps" qui se déroule dans le futur.
En effet, à cause de l'effet papillon, un tas de choses du futur
ne sont plus tout à fait à la même place (sols,
murs...) suite aux perturbations que le voyageur du temps à
entraîné dans le passé. Il s'en suit un tremblement
de terre (dans le futur) directement proportionnel au désordre
créé dans le passé !
Un événement dramatique (l'assassinat de quelqu'un du
passé) peut provoquer un « tremblement de temps »
suffisant pour détruire une bonne partie de l'humanité.
Voyageur temporel : la prudence s'impose !!!